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Quel kit solaire pour un van ou un camping-car ?

Le dimensionnement part de la consommation journalière en wattheures, jamais de la surface de toit. Trois ordres de grandeur couvrent la quasi-totalité des aménagements : 200 Wc et 100 Ah pour un usage week-end, 300 à 400 Wc et 150 à 200 Ah pour la belle saison, 500 à 600 Wc et 300 Ah ou plus pour vivre à l'année. Entre les deux extrêmes, c'est le réfrigérateur qui fait presque toute la différence.

Étape 1 : calculer sa consommation journalière

Pour chaque équipement, multipliez sa puissance par son temps de fonctionnement réel. Les valeurs que nous utilisons en étude, relevées sur des aménagements réels : un réfrigérateur à compresseur 12 V consomme 300 à 500 Wh par jour en été et 150 à 250 Wh en mi-saison, un éclairage LED complet 50 à 100 Wh, une pompe à eau 30 à 60 Wh, un chauffage à gaz avec ventilateur 100 à 200 Wh par nuit, une recharge de téléphone 15 Wh, un ordinateur portable 60 Wh, une télévision 12 V 150 Wh pour trois heures, une bouilloire électrique 1 000 W pendant 5 minutes environ 85 Wh.

Un fourgon équipé d'un frigo, d'un éclairage et d'une pompe tourne autour de 600 à 900 Wh par jour en été. Avec télétravail, chauffage à soufflerie et télévision, on dépasse facilement 1 500 Wh.

Étape 2 : la puissance de panneaux selon la saison

Un panneau sur un toit de fourgon est horizontal, non inclinable et parfois partiellement ombragé par un lanterneau ou une galerie. Comptez en production journalière réelle : environ 4 à 5 Wh par Wc installé en juillet, 2 à 3 Wh en avril ou septembre, et 0,5 à 1 Wh en décembre dans la moitié nord. Un panneau de 100 Wc délivre donc 400 à 500 Wh un jour d'été, et à peine 50 à 100 Wh un jour de décembre.

Cet écart de 1 à 8 entre juillet et décembre est le vrai sujet du solaire en véhicule. Il explique pourquoi un aménagement qui fonctionne parfaitement d'avril à octobre demande soit un appoint par l'alternateur, soit une recharge sur le réseau en hiver.

Étape 3 : lithium ou AGM

Le critère décisif n'est pas le prix d'achat mais l'énergie réellement disponible. Une batterie AGM de 100 Ah en 12 V affiche 1 280 Wh, mais ne se décharge qu'à 50 % sous peine de la détruire : 640 Wh utiles. Une LiFePO4 de 100 Ah accepte 80 à 90 % de décharge, soit 1 020 à 1 150 Wh utiles, pour un poids environ deux fois moindre et une durée de vie exprimée en milliers de cycles contre quelques centaines.

À énergie utile égale, il faut donc environ deux fois plus d'AGM que de lithium, et le poids embarqué double. Sur un fourgon où la charge utile est comptée, l'arbitrage se fait souvent tout seul. Nous détaillons le choix dans l'article quelle batterie lithium pour un van aménagé et dans le comparatif batterie plomb ou lithium.

Un point de vigilance propre au véhicule : une batterie lithium ne doit pas être chargée sous 0°C. En usage hivernal, il faut soit un modèle à BMS chauffant, soit une implantation dans le volume chauffé de la cellule.

Étape 4 : MPPT, PWM et charge par l'alternateur

En véhicule, le MPPT se justifie dans la quasi-totalité des cas : il récupère 15 à 30 % de production supplémentaire par rapport à un PWM, et cet écart se creuse justement par temps couvert et en hiver, quand chaque wattheure compte. Le détail est dans le comparatif MPPT ou PWM.

La charge par l'alternateur est le complément naturel du solaire : elle produit quand le solaire ne produit pas, c'est-à-dire en hiver et les jours de route. Un chargeur DC-DC de 30 à 50 A réinjecte 350 à 600 Wh par heure de conduite, l'équivalent d'une journée d'été de 150 Wc de panneaux. Sur les véhicules récents à alternateur intelligent, ce chargeur n'est pas une option mais une nécessité.

Étape 5 : dimensionner le régulateur

La règle que le bureau d'études applique : un panneau produit environ 80 % de sa puissance nominale en conditions réelles, et ce résultat se divise par la tension nominale du parc batterie — 12,8 V pour un parc 12 V lithium, 25,6 V en 24 V. Aucune marge supplémentaire n'est à ajouter : elle est déjà contenue dans le coefficient.

Exemple avec 400 Wc sur un parc 12 V lithium : 400 × 0,8 = 320 W, divisés par 12,8 V, soit 25 A. On retient le calibre normalisé immédiatement supérieur, ici 30 A.

Trois configurations complètes

Usage week-end et vacances d'été

Besoin : 400 à 600 Wh par jour. 200 Wc de panneaux, un parc de 100 Ah lithium, un régulateur MPPT 15 à 20 A, un petit convertisseur 300 à 600 W pour les appareils ponctuels. Fonctionne sans contrainte d'avril à septembre.

Usage trois saisons, télétravail occasionnel

Besoin : 800 à 1 200 Wh par jour. 300 à 400 Wc de panneaux, 150 à 200 Ah lithium, MPPT 30 A, convertisseur 1 000 à 1 500 W, chargeur DC-DC 30 A sur l'alternateur. C'est la configuration la plus demandée sur les fourgons aménagés.

Vie à l'année dans le véhicule

Besoin : 1 500 à 2 500 Wh par jour. 500 à 600 Wc de panneaux, 300 Ah lithium ou plus, MPPT 40 à 50 A, convertisseur 2 000 W ou convertisseur-chargeur, chargeur DC-DC 50 A, et une prise de quai pour les périodes hivernales sans soleil. À ce niveau, le solaire seul ne suffit plus en décembre et janvier : il faut l'accepter dès la conception plutôt que d'empiler les panneaux.

Montage sur le toit et étanchéité

Deux écoles : le collage sur plots, sans perçage, qui préserve l'étanchéité de la tôle et convient aux panneaux souples comme rigides ; et la fixation mécanique sur barres, plus démontable mais qui impose des passages de vis parfaitement étanchéifiés. Dans les deux cas, prévoyez une lame d'air sous les panneaux rigides : un module plaqué contre la tôle monte en température et perd 5 à 10 % de production. Le passage de câbles se fait par un presse-étoupe dedié, jamais par un lanterneau.

Sur le choix du type de panneau, voir panneau solaire souple ou rigide pour un fourgon.

Les erreurs les plus fréquentes

Dimensionner sur un mois d'août et découvrir le problème en octobre. Oublier le réfrigérateur, premier consommateur du véhicule. Monter des panneaux sans tenir compte de l'ombre de la galerie ou du lanterneau. Sous-dimensionner les câbles entre batterie et convertisseur, l'origine la plus courante des pannes que nous voyons remonter. Et négliger la protection : un fusible calibré au plus près de la batterie n'est pas une option.

Faire vérifier votre projet

Envoyez-nous la liste de vos équipements, la période d'utilisation et les dimensions utiles de votre toit : nos ingénieurs font le bilan de puissance et le schéma de principe gratuitement, comme ils le font depuis 2014, et assurent la mise en service à distance. Écrivez à sav@myshop-solaire.com ou passez par la page Contactez-nous.

Pour aller plus loin : nos kits solaires pour camping-car et camion aménagé, nos kits à monter soi-même, la charge par l'alternateur et nos panneaux pour véhicule.